# Bois composite : une alternative moderne et facile à entretenir

Le secteur de l’aménagement extérieur connaît une véritable révolution avec l’essor du bois composite, un matériau innovant qui réconcilie esthétique naturelle et performance technique. Face aux contraintes d’entretien du bois naturel et aux problématiques environnementales liées à l’exploitation des essences tropicales, le composite s’impose comme une solution rationnelle pour vos projets de terrasses, bardages et aménagements de jardin. Issu du recyclage de matières plastiques et de résidus de bois, ce matériau hybride combine les qualités visuelles du bois avec la résistance et la durabilité des polymères synthétiques. Depuis son développement dans les années 1970 au Japon, le Wood Polymer Composite (WPC) a considérablement évolué pour atteindre aujourd’hui un niveau de maturité technologique remarquable.

Composition technique du bois composite : polymères et fibres de bois

Le bois composite, plus justement appelé bois plastique composite, résulte de l’assemblage de deux matériaux non miscibles qui, combinés, offrent des propriétés que les composants de départ ne possèdent pas individuellement. Cette synergie crée un matériau unique capable de répondre simultanément aux exigences de conception architecturale, de résistance structurelle et de confort d’utilisation. Contrairement à un simple mélange, il s’agit d’un assemblage structuré où chaque constituant joue un rôle spécifique dans les performances finales du produit.

Ratio polyéthylène haute densité et farine de bois dans les lames composites

La formulation standard d’une lame de terrasse composite comprend typiquement 60% de farine de bois ou de fibres végétales (bambou, chanvre, anas de lin), 30 à 35% de résine plastique et 5 à 10% d’additifs fonctionnels. Les polymères thermoplastiques les plus fréquemment utilisés sont le polypropylène (PP), le polyéthylène haute densité (PEHD) et le polychlorure de vinyle (PVC). Ce ratio optimal garantit une cohésion structurelle tout en préservant l’aspect chaleureux du bois naturel. Les fibres végétales confèrent rigidité et texture naturelle, tandis que la matrice polymère assure imperméabilité et résistance mécanique.

Les matériaux utilisés proviennent majoritairement de filières de recyclage : bouteilles plastiques, flacons de produits ménagers, chutes de production industrielle du bois. Cette valorisation de déchets largement disponibles représente un atout écologique majeur, d’autant que les 10 millions de tonnes de composite produites annuellement dans le monde contribuent à absorber une partie des 78 millions de tonnes de plastique fabriquées chaque année, dont plus des deux tiers finissent enfouis ou dans les océans.

Additifs anti-UV et agents liants dans la fabrication du composite

Les additifs représentent entre 5 et 10% de la composition finale mais jouent un rôle déterminant dans les performances du matériau. Les pigments assurent la coloration dans la masse et permettent d’obtenir une vaste palette chromatique, du bois naturel aux teintes contemporaines comme le gris anthracite. Les stabilisateurs UV constituent une protection essentielle contre la décoloration provoquée par le rayonnement solaire, maintenant l’aspect d’origine pendant plusieurs décennies. Les agents antifongiques et antimicrobiens préviennent le développement de champignons et la prolifération de micro-organismes, garantissant ainsi l’imputrescibilité du matériau.

Les agents liants optimisent l’adhésion

Les agents liants optimisent l’adhésion entre la farine de bois et la matrice plastique, un peu comme un ciment qui solidarise les granulats dans un béton. Sans eux, les deux phases resteraient hétérogènes, ce qui fragiliserait la lame composite dans le temps. En contrôlant la dispersion des fibres et la compatibilité chimique entre bois et polymère, ces additifs améliorent la résistance à la traction, à la flexion et aux chocs. Ils limitent également le phénomène de microfissuration interne, garantissant une bonne stabilité dimensionnelle même en cas de fortes variations de température. C’est l’ensemble de ces micro-ajustements de formulation qui explique pourquoi deux lames de bois composite d’apparence similaire peuvent offrir des performances très différentes.

Procédé d’extrusion et techniques de co-extrusion pour le gainage

La fabrication des lames de bois composite repose principalement sur un procédé industriel appelé extrusion. Le mélange de farine de bois, de polymères et d’additifs est d’abord chauffé puis malaxé jusqu’à obtenir une pâte homogène. Cette pâte est ensuite poussée à haute pression dans une filière qui lui donne sa forme définitive : lame pleine, lame alvéolaire à grandes alvéoles ou à alvéoles rondes. À la sortie de la filière, le profil est refroidi et calibré, puis découpé à longueur. Ce procédé continu garantit une section constante et une densité régulière sur toute la lame.

Les générations les plus récentes de bois composite bénéficient d’une technologie de co-extrusion. Concrètement, il s’agit d’appliquer, en même temps que l’extrusion du cœur de la lame, une fine couche de polymère enrichi en additifs haute performance qui vient gainager entièrement le profil (sur 360°). Cette enveloppe, parfois commercialisée sous des noms propriétaires (Coex360®, etc.), agit comme un bouclier contre les taches, les rayures superficielles et les UV. Elle réduit aussi l’absorption d’eau et limite les phénomènes de décoloration ou de marquage liés aux agressions quotidiennes (graisses de barbecue, chlore de piscine, vin, etc.).

La co-extrusion permet d’obtenir des surfaces particulièrement réalistes, avec des veinages multiton et des effets brossés qui s’approchent de très près des essences naturelles. Techniquement, cette peau co-extrudée présente une porosité très faible, ce qui explique qu’un simple nettoyage à l’eau savonneuse suffise généralement à entretenir une terrasse composite gainée. Pour vous, cela se traduit par une terrasse durablement esthétique, sans les cycles annuels de ponçage, dégriseur et saturateur imposés par le bois exotique.

Normes européennes EN 15534 et certifications FSC pour le bois composite

Comme tout matériau de construction utilisé en extérieur, le bois composite est encadré par des normes spécifiques. La référence en Europe est la norme EN 15534, qui définit les exigences et méthodes d’essai pour les produits en bois composite destinés notamment aux terrasses et bardages. Elle couvre des critères tels que la résistance mécanique (flexion, traction), la stabilité dimensionnelle, le comportement au glissement, la réaction à l’eau, ainsi que la durabilité face aux UV et aux micro-organismes. Choisir des lames conformes à EN 15534, c’est s’assurer d’un niveau de performance vérifié par des tests standardisés.

En parallèle, de nombreux fabricants de bois composite s’inscrivent dans une démarche de traçabilité des matières premières. Les fibres de bois utilisées peuvent ainsi être issues de forêts gérées durablement et bénéficier de certifications comme FSC (Forest Stewardship Council) ou PEFC. Même si le bois composite ne consomme pas de grumes entières, l’utilisation de sciures et chutes certifiées renforce la dimension écoresponsable du matériau. Lorsque vous comparez plusieurs gammes, prenez le temps de vérifier la présence de ces labels, ainsi que la part réelle de matières recyclées dans la composition (un bon indicateur tourne autour de 80 à 90 % de contenu recyclé).

Au-delà de ces normes, certains fabricants vont plus loin en obtenant des certifications complémentaires : tests de glissance selon DIN 51130, classements feu, ou encore déclarations environnementales de type FDES. Ces documents techniques apportent une transparence bienvenue si vous prévoyez une terrasse composite pour un établissement recevant du public (restaurant, hôtel, bâtiment tertiaire) ou un projet soumis à contrôle technique.

Performances mécaniques et durabilité face aux agressions extérieures

Le succès du bois composite ne tient pas uniquement à son esthétique proche du bois naturel. Ce matériau s’est imposé car il répond à des contraintes d’usage très exigeantes : humidité permanente, variations thermiques importantes, chocs, passages répétés, projections de graisse ou de chlore… Là où le bois massif finit par se déformer, se fendre ou griser, une lame de terrasse composite de qualité conserve sa stabilité structurelle et son aspect visuel pendant de nombreuses années. C’est précisément ce comportement dans le temps qui fait toute la différence au quotidien.

Résistance à l’humidité et stabilité dimensionnelle du composite

L’un des principaux atouts du bois composite est sa très faible sensibilité à l’eau. La matrice polymère qui enrobe les fibres de bois agit comme une barrière hydrophobe, ce qui limite fortement l’absorption d’humidité. Contrairement à un bois naturel qui gonfle et se rétracte en fonction des saisons, la lame composite présente des variations dimensionnelles beaucoup plus maîtrisées. En pratique, cela se traduit par moins de tuilage, moins de déformation et une surface qui reste plane au fil des ans, même en zone fortement exposée à la pluie.

Pour une terrasse autour d’une piscine, en bord de mer ou dans un climat humide, cette résistance à l’eau est déterminante. Le composite ne pourrit pas, ne se délamine pas et ne se couvre pas de mousses profondes comme certains bois mal ventilés. Attention toutefois : faible absorption d’eau ne signifie pas absence totale de dilatation. Comme tout matériau composite, les lames réagissent aux écarts de température, d’où l’importance de respecter les préconisations de pose (joints de dilatation, jeux en périphérie) dont nous parlerons plus loin. Mais à usage équivalent, une terrasse composite reste nettement plus stable et prévisible qu’un platelage bois traditionnel.

Comportement face aux cycles gel-dégel et dilatation thermique

Les cycles gel-dégel représentent une épreuve redoutable pour les matériaux extérieurs. L’eau infiltrée dans les pores ou microfissures gèle, augmente de volume, puis fond, créant à la longue des éclats et des ruptures. Le bois composite, grâce à sa faible porosité et à l’encapsulation des fibres de bois, est nettement moins sensible à ces phénomènes que le bois massif ou certains bétons décoratifs. C’est un argument clé dans les régions soumises à des hivers rigoureux, où les températures peuvent osciller fréquemment autour de 0 °C.

En revanche, comme tout polymère, le composite se dilate légèrement sous l’effet de la chaleur et se rétracte au froid. Ce comportement est parfaitement normal, à condition d’en tenir compte dès la conception. Les fabricants indiquent généralement un coefficient de dilatation linéaire et fournissent des abaques d’espacement entre les lames. Respecter ces prescriptions (jeu entre les extrémités de lame, espace entre les rives, joints de fractionnement) permet d’absorber ces mouvements sans créer de soulèvement ni de déformation visible. On peut comparer cela aux joints de dilatation dans une dalle béton : invisibles une fois l’ouvrage terminé, ils assurent pourtant sa pérennité.

Tenue aux champignons lignivores et insectes xylophages

Les terrasses en bois naturel sont particulièrement exposées aux attaques biologiques : champignons lignivores, moisissures, insectes xylophages (termites, capricornes, vrillettes). Pour s’en prémunir, il faut recourir à des traitements chimiques répétés ou à des essences naturellement durables, souvent exotiques et onéreuses. Le bois composite, lui, intègre dès sa conception des agents antifongiques et des biocides qui rendent le matériau non appétent pour ces organismes. Les fibres de bois étant encapsulées dans la matrice plastique, elles ne constituent plus une source nutritive accessible.

Concrètement, cela signifie que votre terrasse bois composite ne pourrit pas et n’est pas attaquée par les insectes, même en contact direct avec le sol ou en zone humide. Cette imputrescibilité est un argument fort pour les plages de piscine, les terrasses en rez-de-jardin ou les platelages sur plots posés au-dessus d’une membrane d’étanchéité. Vous gagnez en sérénité : pas de traitement insecticide ou fongicide à programmer, pas de mauvaises surprises après quelques hivers. Là encore, veillez à choisir une gamme de lames composites bénéficiant de garanties claires (10, 15, voire 25 ans selon les fabricants) sur la tenue structurelle et la décomposition biologique.

Indice de glissance et classement antidérapant selon DIN 51130

La sécurité d’une terrasse, en particulier autour d’une piscine ou d’un spa, dépend en grande partie de son comportement au glissement. Pour objectiver ce critère, les lames de bois composite peuvent être testées selon la norme DIN 51130, qui attribue un classement R (de R9 à R13) en fonction de l’adhérence sous pied chaussé sur sol huilé. Plus la valeur est élevée, plus le matériau offre une bonne accroche. La plupart des lames de terrasse composite de qualité se situent entre R10 et R12, ce qui correspond à un niveau d’antidérapance adapté à un usage résidentiel et tertiaire courant.

Au-delà des chiffres, la conception de la surface joue un rôle important : profils rainurés, brossage profond, micro-textures… Ces finitions améliorent la grip sous le pied, même mouillé, tout en participant au rendu esthétique. C’est là que le bois composite marque un point par rapport à certains carrelages ou bétons imprimés, qui peuvent devenir très glissants en présence d’eau ou d’algues. En choisissant une lame composite certifiée antidérapante et en respectant une pente légère pour l’évacuation des eaux, vous limitez efficacement les risques de glissade pour vous, vos enfants ou vos clients.

Installation et mise en œuvre : techniques de pose sur lambourdes

Une terrasse en bois composite réussie ne tient pas seulement à la qualité des lames. Comme pour une maison, c’est la qualité de la structure porteuse qui conditionne la durabilité de l’ensemble. La pose sur lambourdes, qu’elles soient en bois, aluminium ou composite, permet de créer un support stable, ventilé et parfaitement plan. Bonne nouvelle : si vous êtes un bricoleur soigneux et que vous respectez les règles de l’art, la mise en œuvre d’un platelage composite est à la portée de la plupart des particuliers.

Espacement des lambourdes aluminium ou composite selon portée

Le premier point à maîtriser concerne l’entraxe entre les lambourdes, c’est-à-dire la distance entre deux appuis successifs sous une même lame. Cet espacement dépend de plusieurs paramètres : type de lame (pleine ou alvéolaire), épaisseur, densité, et nature de la lambourde (bois, aluminium, composite). À titre indicatif, la plupart des fabricants recommandent un entraxe compris entre 30 et 40 cm pour les lames de terrasse composite en usage résidentiel. Pour des zones à très fort passage ou des usages professionnels, il est souvent conseillé de descendre à 30 cm, voire 25 cm.

Les lambourdes en aluminium ou en composite présentent l’avantage d’être imputrescibles, parfaitement rectilignes et très stables dans le temps. Elles sont particulièrement indiquées pour les terrasses sur plots, les balcons ou les toitures-terrasses où la hauteur disponible est limitée et où la planéité doit être irréprochable. Pensez également à croiser les lambourdes si vous prévoyez des découpes particulières ou un calepinage complexe : cela offre plus de points d’appui et répartit mieux les charges. Dans le doute, référez-vous toujours aux schémas de pose fournis par le fabricant, qui tiennent compte des caractéristiques mécaniques propres à chaque gamme de lames.

Systèmes de fixation invisible : clips inéo, Fix’Composite et starfix

Pour préserver l’esthétique épurée d’une terrasse en bois composite, la plupart des systèmes de pose utilisent des fixations invisibles. Des clips spécifiques (clips Inéo, Fix’Composite, Starfix, etc.) viennent se loger dans les rainures latérales des lames et se vissent sur la lambourde. Une fois la lame suivante emboîtée, la fixation disparaît totalement, ne laissant apparaître qu’un joint régulier entre chaque planche. Ce principe présente plusieurs avantages : aucune vis apparente à la surface, pas de risque d’arrachement localisé et une meilleure répartition des efforts.

Ces clips assurent en outre un jeu constant entre les lames, ce qui facilite la ventilation de la structure et permet au composite de dilater librement. Certains systèmes prévoient même des clips de départ et de fin de rangée, ainsi que des clips spécifiques pour les lames de finition. Pour gagner du temps à la pose, vous pouvez pré-positionner les clips sur les lambourdes avant de venir engager les lames. Là encore, suivre scrupuleusement le guide d’installation de votre marque de bois composite est essentiel : couple de serrage des vis, type de visserie inox, positionnement par rapport aux rives, tout est pensé pour optimiser la durée de vie de votre terrasse.

Respect des joints de dilatation et jeux périphériques réglementaires

On l’a vu, le bois composite se dilate légèrement sous l’effet de la chaleur. Pour éviter tout désordre, la pose doit impérativement intégrer des joints de dilatation longitudinaux et transversaux. Entre deux extrémités de lames, on prévoit généralement un jeu de 3 à 6 mm, ajusté en fonction de la longueur des lames et de la température au moment de la pose. En périphérie, le long des murs, des seuils de baie vitrée ou des poteaux, un espace d’au moins 10 mm est recommandé pour laisser le matériau « respirer ».

Ces jeux, discrets une fois la terrasse terminée, jouent le même rôle que les joints souples dans un carrelage extérieur. Ils absorbent les mouvements différentiels entre les matériaux (lambourdes, dalle béton, lames composite) et évitent les contraintes internes qui pourraient provoquer des gonflements ou des craquelures. Lors de la conception, pensez également à prévoir une pente de 1 à 2 % pour faciliter l’évacuation des eaux de pluie, ainsi que des points de drainage sous la structure. Un platelage bien ventilé et correctement dilaté, c’est la garantie d’une terrasse composite qui restera plane, stable et esthétique pendant toute sa durée de vie.

Entretien minimal et protocoles de nettoyage du bois composite

L’un des arguments les plus appréciés en faveur du bois composite reste la simplicité de son entretien. Là où une terrasse en bois naturel exige un rituel quasi annuel (nettoyage haute pression doux, dégriseur, saturateur, voire ponçage), une terrasse composite se contente de quelques gestes basiques. Vous gagnez du temps, vous réduisez votre consommation de produits chimiques, et vous profitez d’une terrasse qui reste belle sans effort excessif.

Au quotidien, un simple balayage permet d’éliminer feuilles mortes, poussières et petits débris. Une à deux fois par an, un nettoyage plus approfondi à l’eau claire ou à l’eau légèrement savonneuse est recommandé. Munissez-vous d’un balai-brosse à poils souples, d’un seau d’eau tiède et d’un savon neutre (type savon noir ou liquide vaisselle doux). Brossez dans le sens des lames pour déloger les salissures incrustées dans la texture, puis rincez abondamment. Cette opération suffit généralement à redonner tout son éclat à votre terrasse en bois composite.

Que faire en cas de tache tenace (huile, graisse, vin, crème solaire) ? La plupart du temps, une intervention rapide avec de l’eau chaude savonneuse limite la pénétration de la tache dans la surface. Sur les lames co-extrudées à faible porosité, ce type de tache reste en surface et se nettoie assez facilement. Si nécessaire, vous pouvez utiliser un peu de vinaigre blanc dilué ou un nettoyant spécifique recommandé par le fabricant. Évitez en revanche les détergents agressifs, les solvants puissants ou les brosses métalliques, qui pourraient altérer la couleur ou la finition de vos lames.

Concernant le nettoyeur haute pression, il peut être utilisé avec prudence, en respectant quelques règles : pression modérée (max. 80 à 100 bars), buse en éventail, distance minimale de 30 cm entre la lance et la surface, et mouvements continus sans insister sur un point. L’idée est de décoller les saletés sans « sculpter » la lame. En cas de doute, faites un essai dans une zone peu visible. Avec ces précautions et un entretien adapté à chaque saison (nettoyage de printemps, ramassage des feuilles en automne), votre terrasse composite conservera durablement son aspect d’origine, sans griser ni se déliter.

Comparatif technique bois composite versus bois naturel exotique

Face au bois naturel, en particulier aux essences exotiques comme l’ipé ou le teck, le bois composite suscite souvent la même question : est-il vraiment équivalent, voire supérieur, sur le plan technique ? Pour y voir plus clair, il est utile de comparer ces deux solutions point par point : esthétique, résistance, entretien, impact environnemental et coût global sur la durée. Vous verrez que le bois composite ne cherche pas à remplacer le bois massif à l’identique, mais à offrir un compromis pertinent entre beauté du bois et confort d’utilisation.

Sur le plan esthétique, les bois exotiques bénéficient d’un charme indéniable, avec leurs teintes chaudes et leurs veinages uniques. Toutefois, sans entretien régulier, ces essences grisent rapidement sous l’effet des UV, ce que tous les propriétaires de terrasses bois ont pu constater. Les lames composites modernes, notamment co-extrudées, proposent aujourd’hui des finitions veinées très réalistes, disponibles dans une large palette de couleurs stables. Vous perdez peut-être la singularité de chaque planche, mais vous gagnez en homogénéité visuelle et en constance de teinte dans le temps.

Côté performances, les bois exotiques haut de gamme affichent une excellente résistance mécanique et une bonne durabilité naturelle. Mais ils restent sensibles aux fissures, aux échardes, aux déformations et aux attaques biologiques s’ils ne sont pas entretenus. Le bois composite, lui, offre une résistance mécanique parfaitement adaptée à l’usage terrasse, tout en éliminant les principaux désagréments du bois massif : pas d’échardes, pas de fentes profondes, pas de pourrissement. En zone humide, autour d’une piscine ou en climat très contrasté, cet avantage devient déterminant pour la sécurité et le confort d’usage.

L’entretien est sans doute le point où l’écart est le plus marqué. Une terrasse en bois exotique nécessite généralement un entretien annuel : nettoyage, dégriseur pour raviver la teinte, application d’un saturateur ou d’une huile spécifique. À défaut, le platelage grise, se ternit et peut se détériorer plus vite. Avec le composite, cet entretien structurel disparaît au profit d’un simple nettoyage périodique. Sur 10 à 15 ans, le gain de temps, d’énergie et de budget est considérable. Vous ne consacrez plus vos week-ends à poncer ou huiler, mais à profiter de votre terrasse.

Qu’en est-il de l’écologie ? Les bois exotiques, même certifiés, restent issus de forêts souvent lointaines, avec un impact carbone lié au transport et une pression sur des écosystèmes fragiles. Le bois composite, lorsqu’il est fabriqué à partir de plastiques recyclés et de fibres de bois issues de chutes industrielles, s’inscrit dans une logique d’économie circulaire et de valorisation de déchets. Certes, il intègre une part de polymères, mais il évite l’abattage de nouveaux arbres tropicaux et propose des lames 100 % recyclables en fin de vie. Pour qui souhaite une terrasse durable et cohérente avec une démarche écoresponsable, le composite apparaît comme une alternative très sérieuse.

Enfin, le coût global mérite d’être évalué sur la durée. À l’achat, une lame de bois exotique de qualité peut facilement dépasser les 100 € / m², quand une lame composite de milieu/haut de gamme se situe souvent entre 40 et 90 € / m². Si l’on ajoute le coût des produits d’entretien, de la main-d’œuvre nécessaire pour les appliquer et, parfois, le remplacement de lames défectueuses, l’écart se creuse encore. À long terme, une terrasse en bois composite bien posée se révèle souvent plus économique qu’un platelage en bois exotique, pour un confort d’utilisation nettement supérieur.

Applications en aménagement extérieur : terrasses, plages de piscine et bardages

Grâce à sa polyvalence, le bois composite s’est imposé bien au-delà de la simple terrasse de jardin. Vous le retrouvez aujourd’hui dans une multitude d’applications d’aménagement extérieur où ses qualités de résistance, de stabilité et de faible entretien font la différence. Que vous soyez particulier, architecte ou gestionnaire d’un établissement recevant du public, ce matériau vous offre une grande liberté de conception pour créer des espaces chaleureux, durables et faciles à vivre.

La terrasse en bois composite reste l’usage le plus répandu. Posée sur plots réglables ou sur une structure en lambourdes, elle permet de rattraper les irrégularités d’un terrain, de masquer une dalle béton vieillissante ou de créer une extension de plain-pied à la sortie du séjour. Autour d’une maison contemporaine, d’un pavillon traditionnel ou d’un immeuble collectif, le composite s’adapte à tous les styles grâce à sa large palette de couleurs et de finitions. Vous pouvez jouer sur les sens de pose, les encadrements, voire mixer plusieurs teintes pour structurer visuellement l’espace.

Autre terrain de jeu privilégié : les plages de piscine et abords de spa. Dans ces zones soumises à l’eau, au chlore, au sel et aux crèmes solaires, le bois composite exprime pleinement ses atouts. Imputrescible, antidérapant même mouillé et agréable sous le pied nu, il offre un confort d’usage au quotidien que bien des carrelages ou dalles minérales peinent à égaler. Sa résistance aux taches et aux UV, surtout dans ses versions co-extrudées, garantit un bassin toujours valorisé par un écrin soigné, sans risque d’écharde ni de bois glissant.

Le bois composite trouve également sa place en façade, sous forme de bardage ou de brise-vue. Dans ces applications verticales, il apporte une touche chaleureuse tout en résistant mieux que le bois massif aux intempéries et à l’ensoleillement. Fini les lasures à renouveler tous les trois ans : un simple nettoyage périodique suffit à conserver l’aspect initial du bardage composite. Pour les projets architecturaux contemporains, il permet de composer des façades alternant surfaces minérales et surfaces boisées, sans craindre les désordres habituels du bois naturel.

Enfin, de nombreuses réalisations de mobiliers urbains et aménagements publics utilisent désormais le bois composite : bancs, platelages piétons, passerelles, pontons, jardinières, gradins, terrasses de cafés et de restaurants. Dans ces contextes à fort trafic et à forte exposition, la durabilité et la faible maintenance du matériau sont des atouts économiques majeurs. Vous l’aurez compris, le bois composite ne se limite plus à une simple « imitation bois » : c’est un matériau d’ingénierie à part entière, qui ouvre de nouvelles perspectives pour concevoir des extérieurs esthétiques, performants et faciles à entretenir.